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univers-soufi

L'appel de la mort

28 Avril 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme

cs.pngDebout, amis, partons. Il est temps de quitter ce monde. Le tambour résonne du ciel, voici qu'il nous appelle.

Vois : le chamelier s'est levé, il a préparé la caravane et veut s'en aller. O voyageurs, pourquoi dormir ?

Devant nous, derrière nous, s'élèvent le tintement des clochettes, le tumulte du départ.

A chaque instant, une âme, un esprit s'envole, là où n'est plus de lieu. De ces lumières stellaires, de ces voûtes bleues du ciel, sont apparues des  figures mystérieuses, qui révèlent des choses secrètes.

Un lourd sommeil est tombé sur toi des sphères tournoyantes : prends garde à cette vie si légère, mefie-toi de ce sommeil si lourd.

Ame, cherche le Bien-Aimé, ami, cherche l'Ami.

O veilleur, sois sur tes gardes : il ne sied pas au veilleur de dormir.

Rûmi

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Une jeune gnostique qui meurt d'amour dans un dernier sanglot

18 Avril 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme

aa.png Dhû-l-Nûn a raconté ceci : " Alors que je marchais sur le rivage le long de la mer (ou " au bord du Nil", selon le texte d'Abû Nu'aym), j'aperçus une jeune fille; elle était très maigre et avait le teint déjà flétri, vêtu de haillons en poils de chèvre. Je me rapprochai d'elle, pour écouter ce qu'elle pourrait dire, car je voyais qu'elle était envahie par la tritesse et l'affliction. Les vents s'étaient mis à souffler, et les vagues s'agitaient. C'est ainsi que la jeune fille vit des poissons qui se glissaient rapidement entre deux vagues successives; elle leva les yeux vers le ciel, poussa un cri et tomba au sol. Lorqu'elle eut repris connaissance, elle sanglota, puis elle s'écria : " C'est par Toi (ou " pour Toi", selon Abû Nu'aym) que se trouvent seuls ceux qui sont à l'écart dans les lieux retirés, c'est en raison de Ta grandeur infinie et de l'immense espérance en ce qui est auprès de Toi que les poissons nagent dans les flots bouillonnants, c'est en raison de la majesté de Ta sainteté et de la crainte respectueuse que Tu leur inspires que s'agitent les vagues en s'entrechoquant, c'est en raison des rapports familiers que Tu entretiens avec les êtres que les animaux sauvages des déserts désirent Ta compagnie, et c'est en raison de Ta générosité surabondante et de Ta noblesse dispensatrice que l'on se dirige vers Toi !

O Toi qui est plein de bonté et de mansuétude, c'est devant Toi que se prosternent les ténèbres de la nuit, la lumière du jour, le ciel dans sa ronde, l'océan débordant, et la lune dans sa blancheur lumineuse ! et toute chose a auprès de Toi sa mesure (coran,XIII,8)" 

(Vers) :

" O Toi qui est le Compagnon intime des hommes pieux dans leurs retraites ! Ô Toi qui est la meilleure des haltes pour ceux qui mettent un terme à leur voyage !

Celui qui a obtenu Ton Amour, l'éprouverait-il comme un malheur ! (ou " ne l'éprouve pas comme un malheur", selon Abû'Nu'aym) le coeur sait que cela est impossible."

"Parle encore comme tu le fais ! lui dis-je alors. - Eloigne-toi de moi ! me répondit-elle." Elle leva les yeux vers le ciel et récita ces vers :

" Je T'aime de deux amours : un amour d'attachement personnel et un amour auquel Tu as droit.

Quand à l'amour d'attachement personnel, c'est que je ne suis occupée qu'à me souvenir de Toi, à l'exclusion de tout autre.

Et quand à l'amour auquel Tu as droit, c'est que Tu enlèves les voiles pour que je Te voie.

Point de louange pour moi en l'un ni l'autre amours, mais louange à Toi en tous les deux !"

Puis elle eut un dernier sanglot; elle venait de quitter ce bas-monde. Je restai plongé dans l'étonnement devant ce que j'avais vu. C'est alors que s'avança un groupe de femmes, toutes vêtues d'une sorte de froc de poils de chèvres. Elles emportèrent la jeune fille, en la dissimulant à ma vue, pour lui faire le lavage des morts. Elles la ramenèrent ensuite envolppée dans son linceul, et elles me demandèrent de m'approcher et de prier sur elle. C'est ce que je fis, avec les femmes rangées derrière moi. Puis elles partirent en l'emmenant avec elles."

source : la vie merveilleuse de Dhû-l-Nûn l'Egyptien (les soufis d'Andalousie)_Ibn Arabi

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L'harmonie cosmique

10 Avril 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme

der Ne demeure pas prisonnier des liens de la nature, viens contempler l'ouvrage Divin.

Considère la structure des cieux,

afin de pouvoir louer la Vérité pour Ses signes.

Lève les yeux, et vois comme la voûte du plus haut ciel s'étend autour des mondes.

Pourquoi le nomme-t-on " le Trône du Miséricordieux" ? Quel rapport a-t-il avec le coeur de l'homme ?

Pourquoi tous deux sont-ils dans un mouvement perpétuel, ne prenant jamais un instant de repos ?

Peut-être le coeur est-il le centre de ce ciel, le coeur centre, et le ciel circonférence.

Tu peux voir ces cieux tourner dans la rotation du jour et de la nuit comme la roue du potier.

A chaque instant, la sagesse du maître façonne un nouveau vase fait d'eau et d'argile.

Toute chose existante dans le temps et l'espace provient de la main d'un seul maître, et d' un seul atelier...

... Toutes les planètes tournent à la recherche, tantôt au dessus, tantôt au dessous de la terre.

Les éléments : l'eau, l'air, le feu, et la terre, occupent leur place sous les cieux; 

chacun sert diligemment à la place qui lui est assignée, avant ou au-delà de laquelle il ne s'aventure jamais...

C'est d'eux que provient le triple royaume de la nature,

les minéraux, puis les plantes, ensuite les animaux,

élaborant en leur sein la substance à l'instar des soufis qui se purifient de la forme : tous, selon l'ordre et la faveur du maître,

se tenant à leur place, soumis à sa volonté.

Mahmûd Shabestarî (Anthologie du soufisme) - Eva de Viray

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Le chant du Monde

4 Avril 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme

Derv.jpg Je recitais : " Je cherche refuge en DIEU" et " Louanges à DIEU". De même que, lorsqu'un homme se tient devant son Seigneur, et Lui adresse cent mille éloges et bénédictions, et Le Loue, et, gémissant et se lamentant, Lui offre tout l' amour de son coeur; de même, l'on peut dire que ces paroles que je récite, et mes regards pleins d'affection, sont comparables aux mélodies du luth, au rebab, au tambour et à la flûte au moyen desquels un homme célèbre sa bien-aimée. J'erre de lieu en lieu, comme un homme qui joue du rebab et parcourt la ville; et je vois que DIEU, chaque heure, emplit la coupe de mon regard de vin, que je bois à Sa Beauté.

Dans ma peau et ma chair, et à chaque créature ravissante que je vois, DIEU me remplit tout entier de cette suavité, de sorte que je m'épanouis... A nouveau, je fixai mon regard sur un coin de la vaste arène du corroux de DIEU. J'aperçus cent mille têtes coupées de leur tronc, et des membres mutilés. De l'autre côté, je vis cent mille intruments à cordes, des robes, des chants, des vers, des poèmes d'amour; et dans un autre coin, cent mille serviteurs dansant, debout en extase, offrant de leurs mains de chair les bouquets de l'esprit cueillis au jardin de l'intimité.

big.63762534.jpgEt je vis que tous les esprits n'étaient que des atomes qui avaient pris leur essor, et qui se posaient sur DIEU et s'envolaient de DIEU, telle des poussières vibrant sans cesse dans la rayonnante lumière de DIEU.

Bahâ ud-Din Valad (Anthologie du soufisme) Eva de Vitray

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