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univers-soufi

Nûnah Fâtimah bint b. al-Muthannâ

17 Mai 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme - islam

cdp.png Elle vivait à Séville. Quand je la connus, elle avait déjà quatre-vingt-dix ans et se nourrissait des restes d'aliments que les gens laissaient à la porte de leurs maisons. Bien qu'elle fût si vieille et mangeât si peu, j'avais presque honte de regarder son visage tant il était rose et frais. Sa sourate personnelle était la Fâtihah. Elle me dit une fois : " La Fâtihah m'a été donnée. Elle est à mon service pour tout ce que je veux faire."

Deux de mes compagnons et moi lui construisîmes une hutte de roseaux pour qu'elle y vive. Elle avait coutume de dire : " De tous ceux qui viennent me voir, personne ne m'émerveille qu'un tel" ( en fait, il s'agissait de moi). Quand on lui en demanda la raison, elle répondit : " Les autres viennent me voir avec une partie d'eux-même, laissant chez eux l'autre partie, tandis que mon fils Ibn Arabi est une consolation pour moi (litt. " la fraîcheur de mes yeux"), car lorsqu'il vient me voir, il vient tout entier; quand il se lève, il se lève avec toute sa personne. Il ne laisse rien de lui-même ailleurs. C'est ainsi qu'il conviendrait que l'on fût sur la Voie."

Bien qu'Allâh lui eût présenté Son Royaume (mulk), elle ne s'était arrêtée à rien; elle dit seulement : " Tu es Tout, hors Toi tout m'est funeste." Elle était dans le trouble devant Allâh. En la voyant, on aurait pu dire qu'elle était une demeurée; à quoi elle aurait répondu : " Le demeuré est celui qui ne connaît pas son Seigneur." Elle était une miséricorde pour les mondes.

Une fois, pendant la nuit de la fête, le muezzin Abû ' Amir la frappa dans la mosquée avec son fouet. Elle jeta les yeux sur lui et quitta les lieux corroucée. A la fin de la nuit, elle entendit ce muezzin faire l'appel à la prière. Elle dit alors : " Seigneur, ne me punis pas de m'être mise en colère contre un homme qui T'invoque la nuit pendant que les gens dorment ! L'appel à mon Bien-aimée court sur sa langue. Mon DIEU, ne le punis pas du fait de ma colère à son égard !"

En fin de matinée, après la prière de la fête, les juristes de la ville se rendirent auprès du Sultan afin de lui présenter leurs hommages. Le muezzin, qui aimait les honneurs mondains, se joignit à eux. En le voyant arriver, le Sultan demanda qui c'était. On lui dit que c'était le muezzin. " Qui lui a permis d'entrer avec les juristes ? " demanda-t-il, et il ordonna qu'on le jette dehors, ce qui fut fait. Le Sultan avait l'intention de le châtier, mais quelqu'un vint plaider sa cause et on le laissa partir. Lorsqu'on lui rapporta l'incident, Fâtimah s'écria : " Je le savais, et si je n'avais pas demandé pour lui l'indulgence, il aurait été éxécuté." Son influence spirituelle était très grande. Après cela, elle mourut _ qu'Allâh lui fasse miséricorde !

source : les soufis d'Andalousie (Ibn'Arabi)


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Noces

5 Mai 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme

bgt.jpgNotre mort, c'est nos noces avec l'éternité. Quel est son secret ? " DIEU est Un."

Le soleil se divise en passant par les ouvertures de la maison; quand ces ouvertures sont fermées, la multiplicité disparaît. 

Cette multiplicité existe dans les grappes:

elle ne se trouve plus dans le suc qui sort du raison.

Pour celui qui est vivant dans la lumière de DIEU,

la mort de cette âme charnelle est un bienfait. A son sujet, ne dis ni mal, ni bien,

car il est passé au-delà et du bien et du mal.

Attache tes regards sur DIEU, et ne parle pas de ce qui est invisible,

afin que dans ton regard Il mette un autre regard. 

C'est la vision des yeux corporels qui constitue cette vision pour laquelle n'existe aucune chose invisible et secrète.

Mais quand le regard est tourné vers la lumière de DIEU, sous une telle lumière, quelle chose pourrait demeurer cachée ?

Bien que toutes les lumières émanent de la lumière Divine, ne nomme pas toutes ces lumières " Lumière de DIEU " ;

c'est la lumière éternelle qui est la lumière de DIEU;

la lumière éphémère est l'attribut du corps et de la chair.

C'est la lumière infernale qui luit dans les yeux des créatures,

sauf pour celles dont c'est DIEU même qui oignit les yeux de kohl.

Son feu est devenu lumière pour Son ami, Abraham;

les yeux de l'intelligence sont ignorants comme ceux de l'âne.

O DIEU qui confère le don de la vision !

L' oiseau de la vision s'envole vers TOI avec les ailes du désir.

Rûmi



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