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univers-soufi

LE MOIS DE RAMADAN (Ibn'Arabi)

19 Juillet 2012 , Rédigé par Ladji Publié dans #Le Jeûne

ramadan.jpgMuslim rapporte, d'après Abû Hurayra, ce hadith de l'Envoyé d'Allâh - qu'Allâh répande sur lui Sa Grâce unitive et Sa Paix ! - : "Lorsque Ramadan arrive, les portes du Paradis sont largement ouvertes et celles du Feu hermétiquement fermées tandis que les démons sont enchaînés". Nasâ'î ajoute dans recueil "... et chaque nuit une voix retentit : "toi qui recherche le mal, abstiens-toi !"; c'est ce que rapporte Nasâ'î d'après 'Arjafa qui le tenait d'un Compagnon du Prophète - sur lui la Grâce et la Paix Divines ! - qui le tenait lui-même de ce dernier.

L'arrivée de "Ramadan" étant la cause du début du jeûne, Allâh ouvre les portes du Paradis. Le Paradis, c'est le voile. Le jeûne relève des oeuvres "voilées", qu'Allâh le Très-Haut est Seul à connaître car il consiste dans l'abandon d'un acte. Il ne s'agit pas d'un acte existencié apparaissant aux regards et pouvant être accompli par les membres du corps : le jeûne est voilé pour tout autre qu'Allâh. Allâh le Très-Haut est Seul à connaître sa présence chez le jeûneur. Le jeûneur est celui qui est appelé tel par la Loi sacrée, non celui qui a faim.

Et Allâh "ferme hermétiquement les portes du Feu" : ce dernier se retourne alors contre lui-même, sa chaleur redouble, ses brasiers se dévorent l'un l'autre. De même pour le jeûneur : lorsqu'il jeûne, les portes du feu de sa modalité naturelle sont fermées. Le jeûne engendre alors une chaleur nouvelle du fait de l'absence de facteurs rafraîchissants. Le jeûneur en éprouve une souffrance intérieure; son désir redouble d'atteindre des nourritures dont il imagine qu'elles lui apporteraient un réconfort. Le feu de son désir s'intensifie par la fermeture de la porte (sa bouche) qui lui permettrait d'obtenir nourriture et boisson.

b0a3e831.jpg" Les démons sont enchaînés", c'est à dire l'éloignement. Le jeûneur est proche d'Allâh par  la qualité "samadânienne"; s'adonnant à une oeuvre d'adoration qui "n'a pas de semblable", il se rend proche de Celui qui est qualifié par "rien ne Lui est semblable". Or, pour celui qui possède cette qualification, les démons sont enchaînés. En effet, selon une donnée traditionnelle (khabar) : "Les démons circulent chez les fils d'Adam" comme le sang". Empêchez-les de circuler par la faim et la soif"; celles-ci aident l'homme à resister à ce que le démon veut lui : qu'il agisse à sa guise et de manière excessive, au-delà de ce qui admis par la Loi.

Sache encore - qu'Allâh t'enseigne ainsi une Science "de Sa Part" et te donne en toute chose une sagesse et un pouvoir - que "Ramadan" est un des Noms d'Allâh le Très-Haut : il s'agit d'as-Samad. Une tradition prophétique mentionne ce point : Ahmad b.'Adiyyin al-Jurjânî rapporte un hadith véritable (najîh) transmis par Abû Ma'-shar d'après Sa'îd al-Muqbirî, qui le tenait de Abû Hurayra, selon lequel l'Envoyé d'Allâh - qu'Allâh répande sur lui Sa Grâce unitive et Sa Paix ! - a dit : "Ne dites pas "Ramadan" car Ramadan est l'un des Noms d'Allâh le Très-Haut". En dépit de la faiblesse résultant de la présence, dans cette chaîne de transmission, de Abû Ma'shar, les savants spéciliasés disent que ce hadith doit être retenu comme authentique et qu'il convient de le prendre en considération : qu'Allâh soit satisfait d'eux ! C'est pourquoi Allâh le Très-Haut a dit : "le mois de Ramadan" (cor.2, 185) et non pas simplement "Ramadan"; et encore : "Celui d'entre vous qui a la vision du mois, qu'il jeûne" (cor.2, 185) et non pas "la vision du Ramadan). Le hadith de Abû Ma'shar se trouve ainsi confirmé puisqu'à la parole des savants selon laquelle il doit être retenu en dépit de sa faiblesse s'ajoute l'appui du Coran...56f2d835.gif

(...)

Enfin, Allâh le Très-Haut a révélé le Coran en ce mois au cours de la meilleure des nuits, appelée la "Nuit de la Valeur"; Il l'a révélé "comme une guidance pour les hommes; (Il a révélé aussi) des indications évidentes tirées de la guidance et le Livre discriminateur" (cor. 2, 185) en tant qu'il est "Ramadan"; en revanche, en tant qu'il est "Nuit de la Valeur", Il l'a révélé comme "un Livre explicite", c'est à dire qu'Il a rendu explicite qu'il s'agit d'un Livre. Entre le fait d'être un Livre, un Coran ou un Discriminateur (Furqan), il y'a des degrés bien distincts que connaissent les Savants par Allâh...

source: Textes sur le Jeûne - Ibn'Arabi


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Bismillah

14 Juillet 2012 , Rédigé par Ladji Publié dans #islam

 

 

 

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Leçon sur le néant de l'homme dont l'existence réelle a sa source cachée en DIEU

9 Juillet 2012 , Rédigé par Ladji Publié dans #soufisme - islam

bfg.pngDIEU me fit contempler la lumière de l'existence et le lever de l'astre du discernement. IL me dit : "Qui es-tu ? "Je lui répondis : "Le néant manifeste". DIEU me dit : "Comment le néant peut-il devenir existant ? Si tu n'esxistes pas, comment s'établit ton existence ? "Je lui répondis : "Voilà pourquoi j'ai déclaré être le néant manifeste. Quant au néant caché, ce néant-là n'existe pas. " Il me dit : " Etant donné que la première existence est identitique à la deuxième existence, il n' y a pas de néant anterieur, ni d'existence advenante, ce qui établit ton adventicité". Puis Il me dit : " La première existence n'est pas identique à la deuxième existence, car la première existence est comparable à celle des êtres universels, et la seconde existence est comme celle des êtres particuliers." Puis Il me dit : " Le néant est véritable, il n' y a rien d'autre. L'existence est véritable, il n' y a rien d'autre. "Je répondis : "C'est bien ainsi !"

DIEU me dit encore : " Je te vois soumis et docile, ou bien tu es un chercheur de preuves. " Je lui dis : " Je ne suis ni docile, ni un chercheur de preuves." Il me dit : " Tu n'es rien." Je lui dis : "Je suis la chose sans ressemblance, et Toi tu es la chose par ressemblance". Il me dit : "Tu dis vrai ! Car tu n'existes par rien, tu n'es rien, tu ne reposes sur rien". Je lui répondis : "En effet ! Si j'étais quelque chose, j'aurais la faculté de me saisir. Si je reposais sur quelque chose, la relation s'établirait selon trois termes. Si j'étais la chose, j'aurais un vis-à-vis, or je n'ai pas de vis-à-vis". Je lui dis : "J'existe à travers le fragmentaire, mais je n'ai pas reçu l'existence, car je suis dénommé sans avoir de nom, qualifié sans avoir de qualification, spécifié sans avoir de spécification. Et c'est là ma perfection. Tandis que Toi, tu es dénommé par le nom, qualifié par la qualification, spécifié par la spécification. Et c'est là Ta perfection"...

extrait du livre des contemplations Divine - Ibn'Arabi


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La "nature cachée" de Pharaon et sa conversion au DIEU d'Israël.

6 Juillet 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #islam

STATUE-PHAR-png Cependant, lorsque DIEU remarqua que " sur le coeur de tout homme s'était imprimé un vestige épiphanique de la tyrannie et de l'orgeuil " (coran 40. 35), et que Pharaon était au fond de son âme le plus pitoyable des humbles, Il ordonna à Moïse et à Aaron de le manoeuvrer par la miséricorde et la douceur, en accord avec sa "nature cachée" afin de confondre la tyrannie et l'orgueil qu'il étalait au-dehors. " Peut-être se rappellera-t-il ou éprouvera-t-il de la crainte ?" (coran 20. 44). Venant de DIEU, " peut-être " et " il se peut " sont des obligations impérieuses.

En sorte que, grâce à la leçon de douceur et de modération qu'il avait reçue de Moïse et d'Aaron, Pharaon se rappela ce qui était confiné dans son for intérieur, pour que chez lui la nature cachée et l'apparence extérieure deviennent enfin semblables. Dès lors, le levain ne cessa plus de fermenter dans la nature cachée de Pharaon en même temps que l'Espérance en DIEU qui hâte la rencontre de Celui que l'on espère. Et ce bon levain lui imposa sa loi jusqu'à ce que cesse son désespoir lorsque, se voyant sur le point d'être "englouti" entre ses propres ambitions et lui-même, Pharaon fit appel à cette humilité et cette détresse qu'il dissimulait en son for intérieur, afin que les croyants réalisent la soudaine montée de l'Espérance en DIEU. Alors, il s'écria : " Je crois en Celui en qui croient les enfants d'Israël et je suis au nombre des moslimin" (coran 10. 90).

evadevitray.jpgDIEU dit à Pharaon : "Aujourd'hui, Nous te sauvons..."

A ce moment précis, Pharaon révéla vraiment sa "nature cachée" et quelle connaissance authentique de DIEU recelait son coeur, ce qui lui fit proclamer : " (Je crois) en Celui en qui croient les enfants d'Israël", afin de supprimer toute équivoque. De même, quand ils crurent, les magiciens (de Pharaon) s'écrièrent : " Nous croyons au Seigneur des mondes, le Seigneur de Moïse et d'Aaron" (coran 20. 70) - c'est-à-dire : (nous croyons) en Celui qu'ils invoquent. Ils s'exprimèrent ainsi pour dissiper le doute et supprimer toute équivoque. Quant à la proclamation : " Je suis au nombre des moslimîn", Pharaon l'adressa à DIEU Très-Haut pour que DIEU sache qu'il l'avait entendu et qu'il l'avait vu. DIEU, en retour, se fit entendre à Pharaon et lui lança ces paroles : " Maintenant " - enfin tu manifestes ouvertement ce que tu savais (en ton coeur) - " alors qu'auparavant tu étais rebelle et tu étais au nombre des corrupteurs" (90. 91), en suivant ta propre voie. DIEU ne lui dit pas : tu es au nombre des corrupteurs (mais " tu étais"). C'est donc une parole de bon augure par laquelle DIEU nous fait savoir que nous espérer sa Miséricorde, en dépit de nos excès et de nos crimes. DIEU dit ensuite : " Aujourd'hui nous te sauvons..." - annonçant cette bonne nouvelle à Pharaon avant de s'emparer de son esprit - "avec ton corps, afin que tu sois un signe pour ceux qui te succèderont" (10. 92), ce qui veut dire : afin que le Salut constitue un signe avertisseur pour ceux qui viendront après toi. Eh bien si DIEU a dit ce que je viens de rapporter, il en va du salut de Pharaon comme de ton propre salut !

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Dans ce verset (10. 92), il n'est point dit que le malheur de l'autre monde soit inéluctable, ni que la foi de Pharaon ne fut pas agréé. Nullement ! Dans ce verset il est montré que le "malheur de ce mondes-ci" ne peut être évité par ceux qui y descendent lorsqu'ils croient à l'instant même où ils en ont la vision, "excepté le peuple de Jonas" (cf. 10. 98). D'où la parole Divine : " Aujourd'hui nous te sauvons avec ton corps...", parce que le châtiment infligé ne se rapporte qu'à ton "apparence extérieure".

source : l'Alchimie du Bonheur Parfait - Ibn'Arabi

 

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