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univers-soufi

Pourquoi les soufis ont-ils été appelés ainsi ?

2 Mars 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme

                                                                                                          

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  Certains ont soutenu que les soufis furent appelés de ce nom à cause de la pureté (safâ) de l'intime de leur être et de l'absence de souillure de leurs actes. Selon Bichr Ibn al-Hârith, " le soufi est celui dont le coeur est pur à l'intention de DIEU ". D'après un autre, " le soufi est celui dont le comportement est pur à l'égard de DIEU et dont le charisme ( karâma) qui lui vient de DIEU - que soient proclamées Sa Puissance et Sa Majesté !  -- est pur".

 Selon une autre explication, les soufis ont été appelés ainsi parce qu'ils sont, devant DIEU, au premier rang (saff), du fait que leurs aspirations s'élèvent jusqu'à LUI, que leur coeur se tourne avec empressement vers LUI, et que l'intime de leur être se tient en arrêt devant LUI.

D'après certains, ils auraient été designés du nom de soufis parce que leurs caractéristiques sont proches de celles des " hommes du banc " (Ahl al-suffa) qui vivaient à l'époque de l'envoyé de DIEU-- que DIEU prie sur lui et le salue !

Selon d'autres, ils furent nommés soufis parce qu'ils portent un vêtement de laine (sûf).

Ceux qui rattachent leur nom au "banc" (suffa) et à la "laine" (sûf) expriment ainsi l'apparence extérieur de leur état spirituel. Ce sont des hommes qui ont delaissé ce bas-monde, ont quitté leur demeure, ont fui leurs amis, parcourant le pays, le ventre creux, dénudés, ne prenant des choses d'ici-bas que l'indispensable pour avoir une tenue décente et calmer leur faim. Parce qu'ils ont quitté leur demeure on les appelle aussi " étrangers " (ghurabâ), et à cause de leurs nombreux voyages on les désigne sous le nom de " pélerin " (sayyâhûn). Du fait de leurs pérégrinations dans les régions désertiques (de l'Iran) et parcequ'ils prennent refuge en cas de néccessité dans les cavernes, les autochtones les ont surnommés " les hommes des cavernes" (chikaftiyya) car le mot " chikaft" dans leur langue désigne une grotte ou une caverne.

Les syriens leur ont donné le nom de "famélique" (jaw'iyya) parce qu'ils prennent seulement comme nourriture ce qui maintient les forces dont ils ont besoin, conformément à la parole du Prophète : " Des aliments qui maintiennent ses forces devraient suffire au fils d'Adam." Sari Saqatî les a décrits en ces termes : " Ils mangent comme des malades, ils dorment comme des gens qui font naufrage, et ils parlent comme des hommes stupides."

Du fait de leur renoncement à la propriété on les a appelés "pauvres" (fugarâ'). On avait demandé à l'un d'eux ce qu'était le soufi, et il répondit: " Celui qui ne possède pas et n'est pas un objet de possession ", voulant dire par là qu'il n'était pas l'esclave des désirs. A la même question, un autre déclara: " Le soufi est celui qui ne possède rien et qui, si jamais il vient à posséder quelque chose, le donne."

A cause de leur vêtement et de leur aspect on leur a donné le nom de soufis, car ils ne portent pas ce qui est doux au toucher et agréable à regarder, ce qui serait flatter les passions de l'âme, mais uniquement une tenue décente, se contentant d'un tissu au poil rigueux et d'une laine (sûf) grossière.

Tout cela était la condition des " hommes du banc ", qui vivaient à l'époque de l'Envoyé de DIEU. Ils étaient en effet "étrangers" et "pauvres", des exilés qui avaient quitté leur demeure et leurs biens. Abû Hurayra et Fadâl a Ibn'Ubayd en firent la description suivante : " ils tombaient de faim à tel point que les Arabes bédoins les prenaient pour des fous." Ils étaient vêtus de laine, et, au dire de certains, cela les faisait transpirer tellement qu'ils exhalaient l'odeur des moutons qui ont reçu la pluie. Ceci au point que 'Uyayna Ibn Hisn dit au Prophète : " L'odeur de ces gens m'incommode, ne t'incommode-t-elle pas,?"

La laine est d'ailleurs le vêtement des Prophètes (anbiyâ') et la mise des saints. C'est ainsi que, selon une parole du Prophète rapportée par Abû Mûsâ Ach'arî, " soixante-dix Prophètes, pieds nus et vêtus de manteaux de laine, sont passés par le rocher de Rawhâ', et ils se rendaient au Temple Antique ( de la Mecque ). D'après Hasan Basrî, " Jésus-- que la paix soit sur lui ! -- se vêtait de crin, se nourrissait des fruits des arbres, et passait la nuit où il s'arrêtait". Selon une autre tradition d'Abû Mûsa, le Prophète se vêtait de laine, prenaient des ânes comme monture, et se rendait à l'invitation des pauvres gens. Hasan Basrî disait encore qu'il avait connu soixante-dix compagnons ayant combattu à Badr qui ne se vêtaient que de laine. Ceux qui se comportaient comme les "hommes du banc", selon ce que nous avons indiqué, ayant les mêmes vêtements et la même tenue qu'eux, portèrent donc le nom de "suffiyya" et de "sûfiyya" (soufis).

à suvre

source: (traité de soufisme de Kalabadhi)  



 

 

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