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univers-soufi

Une des conditions de l'Amant est de trouver de la délectation dans le désarroi - Ibn'Arabi

9 Juin 2013 , Rédigé par Ladji Publié dans #soufisme

isra.jpgCe désarroi est provoqué par l'arrivée soudaine et imprévisible de l'Aimé, phénomène désigné par l'expression : l'assaut ou attaque surprise (hujûm) dont nous traiterons plus loin.

Lorsque DIEU attire à Lui le coeur de Ses serviteurs et leur trace la voie donnant accès à Sa révélation et qu'en outre Il se fait connaître à eux par les preuves (qu'Il donne à Son sujet), ils Le reconnaissent. Il se rend aimable à leurs yeux en leur prodiguant des bienfaits de sorte qu'ils viennent à L'aimer.

Quand DIEU se manifeste à eux, sans promesse de Sa part, c'est à dire d'une manière inopinée, et qu'ils arrivent en Sa présence tout en demeurant dans l'ignorance qu'ils sont en train d'accéder auprès de Lui, Son épiphanie les prend à l'improviste bien qu'ils la reconnaissent par un signe distinctif. Ils tombent dans le désarroi devant cette arrivée imprévisible de la théophanie tout en éprouvant du bonheur dans leur for intérieur parce qu'ils savent que ce signe n'est autre que l'Aimé et le Désiré. Telle est la délectation qu'ils trouvent dans ce désarroi.

 

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Quand l'Amant est DIEU, Il s'attribue le libre choix (ikhtiyâr) puisqu'Il est tout-puissant sur toute chose (Coran II, 20) et que s'Il l'avait voulu (Coran VI, 112), Il l'aurait fait, et que s'Il le fait, Il n' y est pas contraint, car Il est véridique dans Sa parole et dans Sa Décision sage qu'Il s'impose. De plus, DIEU est le Sustenteur (muqît) de toutes les choses établies selon l'ordre exigé par la Sagesse.

Il ne revient  donc  pas sur Sa Décision sage, Lui qui, en toute circonstance, fait ce qui convient, comme il convient et quand il convient avec la Sagesse propre au rang revenant à chaque chose.

 

Or, les demandes qui Lui sont adressées Lui parviennent mais le temps imparti à la réponse ne coïncide pas toujours avec celui de la requête. D'autre part, nous savons que DIEU n'est pas contraint par les choses. Il faut donc que le sursis accordé à la réponse, au moment où la question est posée, résulte d'une incompatibilité (munâqada) momentanée avec les dispositions de la Sagesse. Ce temps d'attente dans l'actualisation de l'exaucement est appelé désarroi.aîma.f3

 

DIEU est rempli de joie, car le demandeur, en la circonstance, est le bien-aimé dont Il aime entendre la supplique et l'invocation ainsi que le prophète l'a fait connaître dans la nouvelle suivante : " Deux personnes firent appel à DIEU dans leur besoin, l'une aimée de Lui et l'autre détestée. DIEU révéla à un ange qu'il avait satisfait sur l'heure le besoin de celui qu'Il détestait afin de ne plus avoir à s'occuper de sa requête, car il répugnait à DIEU d'entendre (plus longtemps sa voix). DIEU s'adressa à l'ange de cette façon : " Diffère de satisfaire le besoin d'Untel, car J'aime entendre sa voix et sa demande et Je l'aime !" Voici donc le besoin exaucé dans le premier cas mais avec désapprobation, alors que dans le second cas, il n'est pas satisfait immédiatement nonobstant l'amour et l'assistance que DIEU porte à cet individu. Si ce secret avait été dévoilé à cet être aimé de DIEU dont Il n'a pas satisfait la demande dans l'immédiat, il n'aurait pu contenir sa joie !

Le retard apporté à la réponse est du même ordre que celui que subit l'être en désarroi en raison même de la justesse de ce propos cité plus haut : DIEU n' y est pas contraint. La joie éprouvée par cet individu résulte nécessairement de la conscience qu'il garde de l'aboutissement certain de sa demande, ce dont il se réjouit. Gloire à DIEU, le Puissant-Inaccessible et l'Infiniment-Sage !


source : Traité de l'amour (Ibn'Arabi)

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