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Articles avec #soufisme - islam tag

Une autre dimension de l'être (Eva de Vitray)

8 Novembre 2013 , Rédigé par Ladji Publié dans #soufisme - islam

Une autre dimension de l'être (Eva de Vitray)

Tout le soufisme se fonde sur la nation coranique du mystère; dès le début du Coran, l'accent est mis sur la nécessité de croire à une autre dimension des choses, comme propédeutique à toute connaissance. Cela revient, sur le plan psychologique, à considérer la connaissance de soi requise à partir d'une intuition fondamentale, à savoir que, comme le dit Pascal, l' "homme passe infiniment l'homme", ou que, selon Rimbo, " Je suis un autre".

Dans les philosophies occidentales, de Platon à Heidegger, la pensée se déplace dans le champ d'un conflit permanent : dualité âme-corps, sujet-objet. Or, ce qu'il importe aux soufis de retrouver, c'est l'ouverture sur une dimension qui soit au-delà de toute dualité, rejoignant ainsi l'aspect universel de la conscience profonde.

L'unité sous-jacente à la multiplicité est le thème essentiel de la pensée islamique, que ce soit dans le domaine de la métaphysique ou dans celui de l'art et de son symbolisme, qui ne font que traduire cette prise de conscience : arabesques, mosaïques, théâtre d'ombres, " impressionnisme" musical ou poétique expriment la fugacité de tout ce qui passe : " Tout est périssable, dit le Coran, sauf le Visage de Dieu." Toute recherche du Moi transcendantal qui est au-delà des limitations spatiales et temporelles traduit le sentiment d'un manque, d'une coupure avec l'Être, d'un exil. Et les soufis ont chanté à l'envi cette nostalgie de la patrie spirituelle : telle cette plainte de la flûte de roseau qui accompagne la danse liturgique des derviches.

Eckhart, Plotin, les Upanishads, aussi bien que la psychanalyse moderne, font écho à une telle conception. " Tu n'es pas seul toi, ô mon ami, est-il dit dans le Mathnawî (III, 1300), en vérité, tu es le ciel et la mer profonde.

Ce Toi puissant est mille fois plus grand que l'océan où se noient une centaine de toi."

La psychologie des profondeurs aboutit donc à une psychologie transcendantale : il ne s'agit pas seulement de la recherche d'un subconscient, mais d'un surconscient. Le Maître va partir des constatations habituelles de la psychanalyse : recherche des réactions psychologiques par association d'idées, comme le pratiquent Jung et son école; interprétation des rêves; transmission d'un état spirituel - hâl - de maître à disciple, ce qui n'exclut pas le transfert cher aux psychanalystes modernes, mais situé à un autre niveau.

Par ailleurs, la prise de conscience universelle de soi aboutit à la découverte de l'intersubjectivité. De même que nos fugaces états personnels sont liés dans un ego universel, tous les moi empiriques sont liés dans l'ego transcendantal universel. Ainsi peuvent s'expliquer les phénomènes parapsychologiques qu'on trouve à tout instant chez les mystiques soufis.

Reprenons brièvement quelques-un des points aux-quels nous avons fait allusion.

Thérapeutique psychanalytique. Dans le premier livre du Mathnawî est contée l'histoire de la guérison d'une jeune fille névrosée par un médecin Divin qui découvre son mal secret en l'interrogeant, grâce à des mots clés, et en observant ses réactions tandis qu'il lui prend le pouls alors qu'elle est couchée (c'est déjà le divan du psychanalyste !)

Interprétation des rêves. On en trouve de nombreux exemples chez les mawlawîs. Ainsi cette interprétation d'un songe du sultan de Konya, Ala-od-Dîn Kaykobad, par le père de Djalal-od-Dîn Rûmî, Bâhâ-od-Dîn Walad :

Le sultan dit : " Je vois en songe que ma tête est en or, que ma poitrine est en argent massif, et que le reste de mon corps, à partir du nombril, est de bronze, mes deux cuisses de plomb et mes deux pieds d'étain."

Tous les interprètes des songes restèrent impuissants à expliquer ce rêve; Bahâ-od-Dîn Walad dit : " Tant que tu seras dans le monde, les mortels, sous ton règne, seront aussi purs et précieux que l'or; après toi, lorsque ton fils te succédera, ils seront au degré de l'argent, par rapport à ton époque; après le fils de ton fils, leur valeur ne sera que de bronze et les créatures aux pensées basses seront les maîtres; lorsque le pouvoir sera arrivera à la troisième génération, le monde sera en désordre; il ne restera plus ni sincérité, ni fidélité, ni compassion parmi les hommes à la quatrième génération. A la cinquième, le territoire de l'Asie Mineure sera complètement ravagé et ruiné; des fauteurs de désordre s'empareront du pays : ce sera le déclin des Seldjukides... De tous côtés, des rebelles se révolteront, la conquête Mongole ruinera le pays..." Les changements de situation furent exactement ceux dont on avait trouvé l'indication dans le songe (Aflâkî, op.cit. I, 46).

Phénomène métapsychiques. Aflâkî cite notamment de très nombreux cas de prévision de l'avenir ou de connaissance d'événements à distance. Ainsi, Borhân-el Haqq Tirmidhî se rendit en Anatolie à la suite d'une vision qui lui avait révélé la mort du père de Mawlânâ, dont il devait devenir alors le maître spirituel....

Source: Rûmi et le soufisme (Eva de Vitray-Meyerovitch)

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Leçon sur le néant de l'homme dont l'existence réelle a sa source cachée en DIEU

9 Juillet 2012 , Rédigé par Ladji Publié dans #soufisme - islam

bfg.pngDIEU me fit contempler la lumière de l'existence et le lever de l'astre du discernement. IL me dit : "Qui es-tu ? "Je lui répondis : "Le néant manifeste". DIEU me dit : "Comment le néant peut-il devenir existant ? Si tu n'esxistes pas, comment s'établit ton existence ? "Je lui répondis : "Voilà pourquoi j'ai déclaré être le néant manifeste. Quant au néant caché, ce néant-là n'existe pas. " Il me dit : " Etant donné que la première existence est identitique à la deuxième existence, il n' y a pas de néant anterieur, ni d'existence advenante, ce qui établit ton adventicité". Puis Il me dit : " La première existence n'est pas identique à la deuxième existence, car la première existence est comparable à celle des êtres universels, et la seconde existence est comme celle des êtres particuliers." Puis Il me dit : " Le néant est véritable, il n' y a rien d'autre. L'existence est véritable, il n' y a rien d'autre. "Je répondis : "C'est bien ainsi !"

DIEU me dit encore : " Je te vois soumis et docile, ou bien tu es un chercheur de preuves. " Je lui dis : " Je ne suis ni docile, ni un chercheur de preuves." Il me dit : " Tu n'es rien." Je lui dis : "Je suis la chose sans ressemblance, et Toi tu es la chose par ressemblance". Il me dit : "Tu dis vrai ! Car tu n'existes par rien, tu n'es rien, tu ne reposes sur rien". Je lui répondis : "En effet ! Si j'étais quelque chose, j'aurais la faculté de me saisir. Si je reposais sur quelque chose, la relation s'établirait selon trois termes. Si j'étais la chose, j'aurais un vis-à-vis, or je n'ai pas de vis-à-vis". Je lui dis : "J'existe à travers le fragmentaire, mais je n'ai pas reçu l'existence, car je suis dénommé sans avoir de nom, qualifié sans avoir de qualification, spécifié sans avoir de spécification. Et c'est là ma perfection. Tandis que Toi, tu es dénommé par le nom, qualifié par la qualification, spécifié par la spécification. Et c'est là Ta perfection"...

extrait du livre des contemplations Divine - Ibn'Arabi


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Nûnah Fâtimah bint b. al-Muthannâ

17 Mai 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme - islam

cdp.png Elle vivait à Séville. Quand je la connus, elle avait déjà quatre-vingt-dix ans et se nourrissait des restes d'aliments que les gens laissaient à la porte de leurs maisons. Bien qu'elle fût si vieille et mangeât si peu, j'avais presque honte de regarder son visage tant il était rose et frais. Sa sourate personnelle était la Fâtihah. Elle me dit une fois : " La Fâtihah m'a été donnée. Elle est à mon service pour tout ce que je veux faire."

Deux de mes compagnons et moi lui construisîmes une hutte de roseaux pour qu'elle y vive. Elle avait coutume de dire : " De tous ceux qui viennent me voir, personne ne m'émerveille qu'un tel" ( en fait, il s'agissait de moi). Quand on lui en demanda la raison, elle répondit : " Les autres viennent me voir avec une partie d'eux-même, laissant chez eux l'autre partie, tandis que mon fils Ibn Arabi est une consolation pour moi (litt. " la fraîcheur de mes yeux"), car lorsqu'il vient me voir, il vient tout entier; quand il se lève, il se lève avec toute sa personne. Il ne laisse rien de lui-même ailleurs. C'est ainsi qu'il conviendrait que l'on fût sur la Voie."

Bien qu'Allâh lui eût présenté Son Royaume (mulk), elle ne s'était arrêtée à rien; elle dit seulement : " Tu es Tout, hors Toi tout m'est funeste." Elle était dans le trouble devant Allâh. En la voyant, on aurait pu dire qu'elle était une demeurée; à quoi elle aurait répondu : " Le demeuré est celui qui ne connaît pas son Seigneur." Elle était une miséricorde pour les mondes.

Une fois, pendant la nuit de la fête, le muezzin Abû ' Amir la frappa dans la mosquée avec son fouet. Elle jeta les yeux sur lui et quitta les lieux corroucée. A la fin de la nuit, elle entendit ce muezzin faire l'appel à la prière. Elle dit alors : " Seigneur, ne me punis pas de m'être mise en colère contre un homme qui T'invoque la nuit pendant que les gens dorment ! L'appel à mon Bien-aimée court sur sa langue. Mon DIEU, ne le punis pas du fait de ma colère à son égard !"

En fin de matinée, après la prière de la fête, les juristes de la ville se rendirent auprès du Sultan afin de lui présenter leurs hommages. Le muezzin, qui aimait les honneurs mondains, se joignit à eux. En le voyant arriver, le Sultan demanda qui c'était. On lui dit que c'était le muezzin. " Qui lui a permis d'entrer avec les juristes ? " demanda-t-il, et il ordonna qu'on le jette dehors, ce qui fut fait. Le Sultan avait l'intention de le châtier, mais quelqu'un vint plaider sa cause et on le laissa partir. Lorsqu'on lui rapporta l'incident, Fâtimah s'écria : " Je le savais, et si je n'avais pas demandé pour lui l'indulgence, il aurait été éxécuté." Son influence spirituelle était très grande. Après cela, elle mourut _ qu'Allâh lui fasse miséricorde !

source : les soufis d'Andalousie (Ibn'Arabi)


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Foi et Patience (Ghazâli)

7 Mars 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme - islam

Mevlana.jpg Les deux composantes de la foi sont la patience et la reconnaissance comme le rapportent les traditions Prophétiques. Ce sont aussi des qualités de DIEU Très-Haut, des noms parmi Ses Noms car IL s'est nommé le " Très Patient " (al-sabûr) et le " Très-Reconnaissant " ( al-chakûr).

Ignorer la réalité de la patience et de la reconnaissance c'est ignorer les deux composantes de la foi ! De plus, cela revient à négliger deux des qualités du Tout-Miséricordieux.

Comme il n'est possible de se rapprocher de DIEU Très-Haut sans la foi, comment peut-on concevoir l'avancée sur ce chémin sans connaitre ce qu'elle est ni ce en quoi il faut croire ?

Celui qui s'intéresserait à la foi en délaissant la connaissance de la patience et de la reconnaissance s'empêcherait de saisir ce qu'elle est et ce en quoi il faut croire. Les deux moitiés de la foi ont donc grand besoin d'être explicitées.

Nou les expliquerons, s'il plait à DIEU, dans notre prochaine publication.

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Ne pleure plus si tu m'aimes

2 Mars 2012 , Rédigé par univers-soufi Publié dans #soufisme - islam

dt.png Si tu savais le don de DIEU et ce qu'est le ciel : si un instant tu pouvais contempler comme moi la beauté devant laquelle toutes les beautés pâlissent !...

Crois-moi, quant la mort viendra briser ceux qui m'enchaînaient et quand,

un jour que DIEU connaît et qu'il a fixé, ton âme viendra dans ce ciel où l'a précédée la mienne, ce jour-là, tu reverras celui qui t'aimait et qui t'aime plus encore.

Tu me reverras donc, transfiguré dans l'extase et le bonheur, non plus attendant la mort,

mais avançant d'instant en instant avec toi dans les sentiers nouveaux de la lumière et de la vie. Essuie tes larmes et ne pleure plus si tu m'aimes.

d'après Saint Augustin

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